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| Mai 2012 | ||||||||||
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Le monde appartient
A ceux qui se lèvent tôt
Ou plutôt
A ceux dont les employés se lèvent tot
Le monde ne t’appartient pas
Pas plus qu’il ne m’appartient
A moi
Mais quand je vois la rue grouillante de monde
L’égoisme qui suinte des visages
La peur qu’on entend,
Dans le battement des coeurs
Je me dis que le monde
Passe un mauvais quart d’heure
Et que la vie se meurt
En tout point de la terre
Et quand j’entends les phrases fatalistes
Le negativisme, le negationnisme
Les neo-prophetes et leur apocalypse
Je me dis qu’ils n’ont pas tout à fait tort
Le monde appartient
A ceux qui en veulent bien
Mais les bonnes volontés
Sont bonnes à brader
Pour la nouvelle année,
J’ai pris de bonnes révolutions
Le stylo dans une main
La barre à mine dans l’autre
Le pouvoir appartient à l’argent
Mais l’argent n’a pas d’odeur
En tout cas, pas celle de la sueur
Les prises de décisions
Aux conseils d’administrations
Des vies qu’on dilapide
Comme on joue au loto
Des histoires qu’on lit
Avec un oeil avide
Dans le coin d’un journal
Rubrique faits divers
Les histoires qui n’arrivent qu’aux autres
La déchéance, les destins brisés
Les lendemains qui n’arrivent jamais
Et le regret du passé
Le monde ne t’appartient pas
Pas plus qu’il m’appartient
A moi
Alors si tu veux l’emprunter
Essaye au moins de le protéger
Ramasse donc tes déchets
Agis enfin en dignité
La terre ne t’a pas élevée
Nourrie, blanchie, logé
Pour que tu la laisses crever
Sans le moindre scrupule
Tu te laisses-aller
« les autres n’ont qu’à s’en occuper »
ta conscience collective
cède la place
à la folie individuelle
Le monde t’appartient,
Autant qu’à moi
Mais quand tu le touches,
C’est moi que tu aggresses
Et quand tu te laisses
Gagner par la facilité
Tu tombes rapidement
Dans la médicorité
Le monde t’appartient
Et tu le brises
Entre tes mains
Le serrant fort à la gorge,
L’essorant,
Jusqu’à le vider de son jus
Le monde m’appartient
Et tu le maltraites sans fin
Comme un enfant capricieux
Sans en comprendre l’enjeu
Le monde appartient
A celui qui le veut
Tu as le pouvoir à portée de main
En changer la face
Pour le faire survivre
Encore un jour ou deux