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Lundi 25 mai 2009 1 25 /05 /Mai /2009 14:47

Le mal heureux, qui prend aux tripes et à l’âme. Moment douloureux, qui m’attire vers le bas.

Je me complais dans ma peine, je l’attends, je la recherche même. Je saisis l’occasion pour glisser lentement, cœur et esprit, dans une mélancolie bienfaitrice. Là, je me retrouve seul, à l’abri des autres. Je reste mon pire ennemi mais l’ennemi que je connais le mieux. Je connais tous mes points faibles et la plupart de mes crimes. Je ne cherche même pas à me les cacher. Dans ces instants, je subis la douleur autant que je la contrôle. Je retrouve mon pire ennemi au détour de mes pensées ; il me glisse quelques mots à l’âme, comme des vagues longues qui défilent. Ces messages me remplissent d’une langueur sereine, ils semblent m’encourager à me laisser aller. Je continue à l’écouter inconsciemment. Je réalise le mal qui m’étreint et souris par auto-compassion. Je préfère mon mal heureux à ton extase triste. Tout mon être est empli d’une confiance infinie. Je crois en l’avenir, en l’amour universel, au moins au fond de moi. Je suis centré sur ma douleur. Elle seule me satisfait ; c’est un couffin recouvert d’épines qui ne font pas mal. Je m’y allonge doucement. Puis je tourne en tous sens à toute vitesse. Puis je vois le ciel et, derrière les nuages, je devine le soleil qui ne demande qu’à percer.

Mon quart d’heure mauvais est passé. Je laisse mon pire ennemi à ses pensées douteuses et reviens à ma nature gaie. Je suis prêt à voir les gens, à donner et à recevoir.

Par Laurent Briet
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Lundi 25 mai 2009 1 25 /05 /Mai /2009 14:46

Assis pour quelques minutes sur une table de la boulangerie, je sirote mon thé et regarde les clients. Grands, petits, de toutes les couleurs. Il en déboule sans cesse et les deux employées sont débordées. Je regarde ce petit monde qui s’anime. Je guette leurs comportements, décrypte leurs habitudes. La mère de famille, avec ses baguettes et autres viennoiseries. Le célibataire et sa demi baguette. Les gens se mélangent dans l’amour du bon pain. Pour consommer la tradition, l’avaler puis la digérer. Des siècles de savoir-faire, partis en quelques bouchées. Les gens se bousculent à l’entrée. Les vendeuses multiplient les sourires à la chaîne : « Bonsoir » « Une baguette » « 75, s’il vous plait » »Merci, bonne soirée » « Bonsoir », et ainsi de suite.

Tout d’un coup, c’est l’accalmie : la salle se vide. Derrière leur comptoir, les vendeuses respirent. Mais le flot reprend, de plus belle. Un client part et tient la porte ouverte pour celui qui arrive. Une habituée rentre, elle échange quelques mots avec une des vendeuses, puis paye sa baguette. Le patron n’est pas loin. Il s’occupe de ses affaires de loin, le nez dans ses papiers et l’oreille collée à son téléphone. Un couple de chinois s’installe à une des tables vides. Touristes ou résidents ? Je ne saurais pas dire. Ils restent là quelques minutes. Puis la femme va fumer sa cigarette dehors pendant que l’homme finit son sandwich. Un jeune homme achète une baguette, en croque le quignon, petit pêché mignon. « Bonne soirée », « Bonsoir ». La vendeuse salue une personne et en retrouve une autre. Trente secondes en moyenne pour chaque client ; aucune pause entre deux.

Deux dames discutent, elles viennent de se retrouver : « Tiens, vous habitez dans le quartier ? » L’enfant de l’une d’elles se balade. Elle le tient par la tête puis lui caresse le crâne. Elles parlent pendant que l’enfant découvre le monde du haut de ses 75 centimètres. Le nez devant la tarte aux fraises, il lèche la vitre avec ses yeux. Dans le fond du magasin, quelques pains aux céréales lui sont accessibles. Le garçon s’en approche, les yeux grand ouverts. Sa mère le rappelle à l’ordre alors qu’il tend déjà une main curieuse vers les petits pains. « Non, martin, ne touche pas ou je me fâche ». La mère va chercher l’enfant qui voulait braver l’interdit. Elle le prend par la main et le garde près de lui.

Un client revient pour la troisième fois aujourd’hui. « Désolé monsieur, y’a des flûtes mais y’a plus de baguettes. » Il s’en contente, sourit et dit au revoir. Peut-être à tout à l’heure. Ou sinon à demain. Le flot de clients ne s’interrompt pas. Les cheveux recouverts par sa charlotte blanche, l’employée parle avec une cliente : « Toutes les boulangeries sont en vacances aujourd’hui. On est les seuls ouverts dans le quartier ». Je comprends mieux la difficulté de leur métier. J’ai fini mon thé et mon pain aux olives. Je dis au revoir aux serveuses, et je sors dans le froid urbain. 

Par Laurent Briet
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Lundi 25 mai 2009 1 25 /05 /Mai /2009 14:46


« Je te garderai »

« Qu’est ce que t’as dit ? »

« Rien »

« Si, tu as dit quelque chose, je t’ai entendue. Je te garderai ? »

« Non, rien. »

« Si, c’est bien ça que tu as dit. Tu me garderas ? ? Je te garderai contre vents et marées. Ahahah »

 

Et il se détourna d’elle, la laissant seule face à sa promesse. Elle se jurait de le tenir toujours, et scellait ses désirs en les revendiquant. Pas en les criant comme une menace, mais en les chuchotant, pour les exprimer sans être démasqué. Il avait l’oreille fine et il avait entendu. Mais il se moquait bien de ce qu’elle pouvait croire. C’était une projection de sa volonté à elle, qu’elle essayait d’appliquer pour eux deux.

Est-ce que c’est ça l’amour ? Est-ce qu’elle pouvait se contenter de ne le voir qu’une fois par semaine, de ne pas sentir une vague passionnée et incontrôlable s’emparer d’elle au quotidien ? Pour elle, ça ressemblait fort à de l’amour, et leurs corps qui s’appartenaient étaient le meilleur gage de leur avenir à deux. Mais lui rigolait si fort qu’il semblait ne rien ressentir.

Alors, elle appréhendait qu’un jour il fuie. Elle commençait les menaces, du « je te garderai » au « je te laisserai pas partir », et déployait le panel des recours sentimentaux propres au vice féminin.

Il ne voulait pas rentrer dans cette escalade. Il croyait qu’elle aurait compris comme elle aurait compris la première fois avant d’attendre patiemment sa chance.

Mais elle faisait monter la tension et reprenait ses menaces. Et lui avait peur de ne jamais plus pouvoir s’en débarrasser. De devoir lui dire les mots qui font mal pour qu’elle le laisse partir. De lui crier à la face qu’il ne pourrait jamais l’aimer parce qu’elle était trop moche. De lui rappeler son haleine fétide, ses seins balafrés, ses fesses flasques, son mutisme pesant. Il pensait déjà à sa défense, cruelle, remplie de mots cinglants, qui feraient mal à la renverraient immédiatement à ses complexes.

 

Mais il ne voulait pas en arriver là.

Il ne voulait pas occulter sa tendresse, sa douceur, son tranquille amour jamais avoué, qui l’avait attaché à la longue.

 

Alors, il partit, lâchement, au matin. Il ne lui dit pas un mot.

Elle entendit la porte claquer mais n’eut pas le temps de le retenir.

Ses sanglots continuels recouvraient même le son du radio-réveil.

Par Laurent Briet
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Lundi 25 mai 2009 1 25 /05 /Mai /2009 14:45

En la voyant, on l’appellerait plutôt Isamoche. Ce prénom serait plus approprié. Mais forcément, il sonne moins bien. Ses parents avaient pourtant voulu éviter l’atavisme. Ce gêne de la laideur qui collait à leurs chromosomes depuis plusieurs générations. Un prénom pour rompre le mauvais sort, ça aurait pu fonctionner. Maintenant, son prénom était accroché à elle et elle était obligée de vivre avec, comme un tatouage au nom d’un amoureux, qu’on quitterait ensuite.

Isabelle n’avait pas choisi son prénom, pas même son visage, encore moins ses parents. Ils lui avaient choisi un joli prénom, et lui avaient donné le nom du père. Ils lui avaient également transmis des formes généreuses, qui frisent le surplus. Au moins, son corps est assorti à son visage.

 

Quelle chance ! Isabelle est assise à côté de moi. Mes lèvres se retiennent difficilement de lui dire ce que je ressens à son contact. Mais elle n’a rien fait pour ça (rien contre non plus !) et je ne veux pas ajouter le poids de sa culpabilité aux complexes qui la suivent déjà depuis l’adolescence. Heureusement, sa chaise est à distance raisonnable de la mienne. Parfois, j’entends une voix qui émerge du brouhaha ambiant. Je me retourne afin qu’elle répète sa phrase, mais ses propos sont en permanence inintéressants. D’autres fois, elle déplace sa chaise, et son bras nu frôle le mien. Ou elle gratte sa cheville et, comme par hasard, me touche la jambe plusieurs fois d’affilée. Ses tentatives m’amusent un peu mais me laissent indifférent au final.

Au cours des minutes suivantes, elle relève discrètement sa jupe. Centimètre après centimètre, le genou puis le bas de la cuisse. Ses membres ont le mérite d’être proportionnés : ses jambes sont en effet démesurément grosses. Je détourne mon regard qui se tourne vers ce spectacle sans que je puisse rien faire. Attiré par faiblesse, comme un homme, je suis dégoûté dans le même temps. Cette pauvre fille ne pourrait même pas me donner une érection ; elle fait tellement d’efforts pourtant. Les doigts d’Isamoche effleurent innocemment sa cuisse, entièrement dénudée maintenant. Dans son désespoir, elle en devient touchante. L’excitation qui naît en moi se mêle à la pitié. Je sors de la pièce pour éviter de vomir.

 

Quelle chance, nous rentrons ensemble ! Dans la voiture qui nous ramène, elle est assise à côté de moi sur le siège arrière. Par une fausse mégarde, à peine déguisée, les doigts d’Isamoche caressent ma nuque. Ils essaient de se créer un passage jusqu’au désir charnel qui submerge presque mes sens à cet instant précis. Heureusement, nous sommes déjà arrivés. La voiture s’arrête devant chez elle. Je sors en premier et elle me suit. Elle va partir et nous allons continuer la soirée de notre côté. Je veux lui dire un mot réconfortant, lui dire que ses efforts seront payants. Que je comprends qu’elle ait besoin d’un coup de bite à l’occasion, et qu’elle doit persévérer. Mais je me retiens, je pourrais la blesser.

Elle traverse la rue, déplace sa masse disharmonieuse jusqu’à la porte de son domicile et nous salue une dernière fois. La voiture démarre. Nos rires moqueurs viennent immédiatement remplir l’habitacle d’un mépris gratuit quoique salvateur.

 

 

FIN

Par Laurent Briet
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Lundi 25 mai 2009 1 25 /05 /Mai /2009 14:45

Elle avait toujours voulu être centenaire.

Comme un arbre qui sème, qui donne et qui reçoit en retour. Qui grandit, solide face au vent. Qui croît vers le ciel sans jamais oublier ses racines.

Groseille en avait, des racines. La maison, qui l’a vu naître, et dans laquelle elle vit encore. Et puis sa famille, maintenant disparue. Ses grands-parents agriculteurs, qui avaient tout sacrifié à leur terre. Son père, qu’elle avait un peu connu avant qu’il ne parte à la guerre et n’en revienne jamais. Sa mère, qui était encore vivante il y a peu, et qui a approché la centaine sans la passer. Groseille n’a pas de frère et sœur, elle n’en a jamais eu. Juste quelques cousins, qui habitaient dans le coin, et qu’elle voyait le dimanche, aux repas de famille. Elle n’a pas eu de famille proche, juste une mère qui jouait tous les rôles : la maman, douceur et tendresse, le père, force et autorité. Puis, l’âge venant, la confidente, qui écoute et partage les peines. Et finalement l’enfant, dont on s’occupe naturellement parce qu’il a besoin d’aide. C’était une figure, la mère Groseille, avant que la décrépitude ne la gâte.

Son père, le seul homme de sa vie, ne lui a laissé que son nome de famille : GROSEILLE. Ce nom est par la suite devenu le surnom de Marguerite.

Pourtant, elle a eu un mari un jour. Un beau garçon, juste pour elle, avec qui elle avait eu des projets. C’était le voisin VANDEWILDE, un homme courageux bien qu’impulsif. Mais le mariage n’avait duré que quelques mois, avant que la guerre ne l’emporte, lui aussi. C’est le fils REMOND qui a raconté l’histoire quand il est revenu du front : Une nuit, VANDEWILDE avait été dépêché pour une mission d’éclaireur. Il a fait quelques mètres, puis il a disparu derrière un talus. Et puis une explosion a retenti, sans doute une mine allemande. Son corps déchiqueté a volé en éclats. Quelques jours après, REMOND a fouillé le lieu. Il a juste retrouvé le casque et le matricule de VANDEWILDE, qu’il a ramenés à GROSEILLE à son retour de la guerre. Maigre consolation. Elle l’a quand même remercié puis elle a caché sa peine. Et pendant que Groseille pleurait sur son destin, le fils REMOND allait rejoindre la femme qui l’avait attendu patiemment durant de longues années d’angoisse, pour lui faire une bonne poignée de marmots qui perpétueront son nom pour les prochaines générations.

 

Groseille avait toujours voulu vivre longtemps. Une fois sa tristesse digérée, elle s’attela à devenir vieille. Elle commença donc à se préserver. Sa vie, bien organisée jusque là, devint alors pure routine : les courses le matin, la cuisine pour midi, la sieste après le repas, puis le travail du potager, de nouveau manger puis se coucher. Chaque nouvelle journée ressemblait encore plus à la précédente. Groseille semblait chercher la perfection dans l’agencement de ses activités quotidiennes. Elle ne rechignait jamais à l’effort. Mais toute sa vie était prévue à l’avance, organisée au millimètre, presque un an à l’avance. Le même repas à la même heure, éternellement. Une vie d’intensité égale, jamais de surprise, ni dans la joie, ni dans la peine. Groseille aimait tous ces moments avec la même passion tranquille et prudente.

Sa mère avait laissé un grand vide à son départ. Groseille ne parlait plus autant maintenant qu’à l’époque où elles vivaient ensemble. La pluie, le beau temps, les commérages sur le voisinage,…. Tous les sujets étaient bons à prendre. Souvent, elles étaient d’accord sur tout, et ne modifiaient jamais leur point de vue. Mais enfin, ces discussion permettaient au moins de passer le temps.

Quand Groseille s’est retrouvée seule, elle a continué. Seule, elle parlait ; toute seule, elle recréait ce climat habituel et serein dans lequel elle avait été habituée à évoluer. Et puis, un jour, elle arrêta, pour ne pas tomber dans la folie.

Les semaines après les jours, les années après les mois, les décennies s’ajoutaient et Groseille vieillissait. Mais elle ne s’enlaidissait pas. Elle a bien pris quelques rides, a vu sa vue baisser, a senti ses jambes s’alourdir. Mais son cœur ne vieillissait pas, lui, et Groseille gardait une fraîcheur d’âme.

Elle avait ses habitudes comme gravées dans ses gênes. Elle était hermétique au changement.

 

Après tant d’années d’efforts, elle parvint enfin à la centaine.

Aujourd’hui, c’est la fête au village en l’honneur de Groseille. Le conseil municipal a tout prévu lors du dernier conseil. On vient chercher Groseille le matin chez elle. Des enfants lui offrent des bouquets de fleurs. Elle ne les reconnaît pas mais ce sont sûrement l’arrière-petite progéniture de ses mais d’autrefois. Tout le monde est en costume, les flashes crépitent allégrement. Les jumeaux Laffont, habillés en dimanche, poussent le fauteuil roulant de Groseille au dehors. Une foule attend la jubilaire qui lève une main amicale en guise de remerciement. On la fait monter dans une camionnette, qui démarre sous les vivats des villageois. Puis qui s’arrête devant la mairie. Le maire l’attend déjà. Prononce son discours et remet la médaille de la ville à Groseille, sans oublier de se faire photographier pour la prochaine édition du journal local. Puis tout le monde boit un verre à la santé de Groseille ; elle-même prend un verre de vin rouge. On vient lui parler, la féliciter. Des gens qu’elle n’a jamais vus ou qu’elle ne reconnaît plus. On lui serre la main, on lui fait des bisous. Unetelle est la petite-fille de Mamie Durand, l’autre l’enfant du bambin dont Groseille était la nounou. A certains des plus petits, elle fait peur. Sans doute les poils présents sur son menton ou ses dents gâtées par les années. Les plus vieux sont curieux, ils lui demandent le secret de sa longévité. Elle n’a qu’une réponse : vivre simplement. Et l’audience boit la parole de Groseille, comme celle d’une sage dont l’expérience confère une part de vérité.

Et puis on raccompagne la vieille.

L’excitation passe et retombe. Assise dans la cuisine, sa médaille accrochée au gilet, un sourire aux lèvres, Groseille est de nouveau seule. Les familles sont rentrées chez elles. On parle encore de la vieille, on se dit qu’on irait bien lui rendre visite un de ces jours. Puis on oublie cette idée. Puis on se moque d’elle, pour mieux cacher l’admiration. On parle de son odeur, de sa laideur, du drame de la vieillesse.

 

Mais Groseille, dans sa cuisine, n’entend que les rires. Sa vie a repris son cours. Déjà, elle prépare le souper de 18h30. A pleines bouffées, elle respire le parfum des fleurs, qui lui rappelle l’effervescence de la fête. Peut-être va t’elle allumer la télé, peut-être va t’elle se coucher juste après le souper. Et puis demain, se lever, et reprendre la même vie qu’avant, au même rythme paisible et prudent ; un jour comme une année.

 

Elle avait toujours voulu être centenaire, maintenant, elle l’est.

Alors, elle peut bien penser, sans être trop prétentieuse, à éviter encore un peu les lames de la grande faucheuse. Qui regarde, amusée, Mamie Groseille la courageuse qui, avec patience et ténacité, se fraye un passage jusque dans la légende du terroir français. Vingt ans encore et elle retrouvera son nom gravé à jamais sur les pages du guiness des records.

 

 

 

FIN

Par Laurent Briet
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